Histoire de Fées : Christine, Technicienne Bureau d’Etudes

Entretien avec Christine, collaboratrice au sein de notre agence Fauché Cuny Nord Aquitaine.

 

« J’ai toujours été attirée par les métiers techniques. Je voulais être architecte mais la section n’était pas proposée dans mon lycée. Alors j’ai choisi l’électrotechnique. »

 

Christine est la première femme recrutée à un poste technique chez Fauché. Elle a été embauchée en 1987. Elle travaille pendant 20 ans chez Fauché, puis décide de prendre une nouvelle direction dans l’entreprise CUNY SA. Deux ans plus tard, l’entreprise est rachetée par le Groupe Fauché. « Je suis donc revenue à la source ».

 

Sortie des études, elle occupe plusieurs petits boulots, le temps de trouver un emploi stable. « Une fois, en postulant pour un poste de maintenance dans un hôpital sur Bordeaux, on m’a demandé si j’avais peur de monter sur une échelle. Ça me fait encore sourire… je ne pense pas qu’ils auraient demandé ça à un homme… ». Elle passe finalement un entretien d’embauche avec M. Fauché en personne. L’entretien ne dure que 15mn.  « J’étais très impressionnée. Il m’a demandé si je savais dessiner et câbler, et si je pouvais démarrer dès le lendemain. J’ai répondu oui, et j’ai eu le poste. »

 

A cette époque, les enjeux de mixité ne faisaient pas encore débat. « Il fallait surtout être opérationnelle et disponible très rapidement. Moi, je voulais absolument dessiner. Mr Fauché a senti cette détermination, c’est peut-être pour cela que j’ai eu le poste. Au début, j’ai commencé à dessiner à la main, puis nous avons été parmi les premiers dans la région à utiliser des ordinateurs, et ça a été une véritable révolution. Quand j’ai fait mes premiers dessins sur ordinateur, on voyait le curseur dessiner les plans à l’impression, c’était une fierté d’avoir rendu le poste DAO opérationnel sur l’Agence d’Agen… Monsieur Fauché nous donnait les moyens les plus modernes pour travailler. C’est une dynamique qui a été conservée dans le Groupe. »

 

Christine est aujourd’hui technicienne de bureau d’études au sein de l’agence Cuny Nord Aquitaine à Agen. Elle travaille pour le pôle logement. « En résumé, dès que le devis est validé, le projet arrive entre mes mains. Après analyse des cahiers des charges, des dossiers d’appels d’offres et en respectant les normes, je réalise l’étude d’exécution : plans, schémas,  notes de calculs, documentation technique de tout ce qui a été devisé après vérification par le Chargé d’affaires. J’envoie ensuite tout le dossier au bureau d’études Electricité, bureau de contrôle et architecte pour validation. Puis les plans sont confiés au chef d’équipe qui interviendra avec les électriciens sur le chantier. Je suis aussi amenée à faire des réunions de chantier, petit devis et consulter les fournisseurs. C’est surtout un travail en collaboration avec les chargés d’affaires».

 

Quant à savoir si le fait d’être une femme dans un métier technique peut représenter un obstacle, Christine est catégorique : « pour moi, ça n’a jamais posé question. J’ai toujours voulu faire ce métier, et même si à l’époque j’étais la seule fille dans ma classe, je me suis toujours vite fondu dans les groupes. Lors des réunions de chantiers, lorsque les autres responsables réalisent que je suis en charge du lot électricité, il y a parfois des regards dubitatifs. Mais à partir du moment où vous maîtrisez votre dossier et que votre travail est bien fait et sérieux, vous gagnez leur confiance. Aujourd’hui, la mixité dans nos métiers, c’est important. Ça amène de la richesse car nous sommes complémentaires. Je constate qu’il y a de plus en plus de femmes d’une trentaine d’années sur les chantiers. Et je vois que cela ne pose pas de problème. Les mentalités évoluent lentement, mais dans le bon sens. »

 

Aux jeunes filles qui voudraient se lancer dans ce type de carrière, elle conseille de suivre leur voie, sans se préoccuper des clichés professionnels, ou du regard des autres. « Peut-être que les profs et  conseillers d’orientation ont un rôle à jouer, pour donner une bonne image de ces métiers, et ne pas mettre les filles et garçons dans des cases. On pourrait aussi penser qu’il est nécessaire de s’endurcir ou de se masculiniser pour être à l’aise au travail, mais c’est faux. Je suis toujours restée moi-même, et j’ai toujours gardé une part de féminité. On me remarque uniquement parce que je suis l’une des seules femmes dans des équipes d’hommes, et cela devient une caractéristique comme une autre, tout simplement».